
Pourquoi ai-je des fourmillements dans les mains la nuit ?
Vous vous réveillez la main engourdie, avec des picotements dans les doigts, et devez la secouer pour qu'elle revienne. Position de sommeil, canal carpien, nerf du coude, cou : voici comment identifier la cause et quand consulter.

Vous vous réveillez en pleine nuit ou au petit matin avec la main engourdie, comme endormie, parcourue de picotements désagréables. Vous la secouez, la frottez, et au bout de quelques minutes les sensations reviennent. Ces fourmillements nocturnes sont très fréquents. Le plus souvent bénins, liés à la position de sommeil, ils peuvent aussi révéler la compression d’un nerf qui mérite une prise en charge. Savoir quels doigts sont touchés et à quel moment les symptômes surviennent permet d’orienter rapidement vers la cause.
Pourquoi la main s’engourdit
La sensibilité de la main dépend de trois nerfs principaux, qui partent du cou et descendent le long du bras :
- le nerf médian, qui passe dans le canal carpien au poignet et innerve le pouce, l’index, le majeur et la moitié de l’annulaire ;
- le nerf ulnaire (ou cubital), qui passe derrière le coude, là où l’on ressent une décharge électrique quand on se cogne le coude, et innerve l’auriculaire et l’autre moitié de l’annulaire ;
- le nerf radial, qui innerve surtout le dos de la main.
Quand un nerf est comprimé ou étiré, il transmet mal les informations sensitives, et le cerveau perçoit des fourmillements, des picotements, des brûlures ou un engourdissement. La nuit, nous restons longtemps immobiles dans des positions parfois extrêmes, ce qui favorise ces compressions.
Les causes les plus fréquentes
La position de sommeil
C’est la cause la plus banale. Dormir le poignet replié sous l’oreiller ou contre la poitrine, le bras sous la tête, sous le corps ou sous un partenaire, ou le coude très fléchi comprime temporairement un nerf. Les fourmillements disparaissent quelques minutes après avoir changé de position. Si cela arrive de temps en temps, il n’y a pas d’inquiétude à avoir.
Le syndrome du canal carpien
C’est la cause la plus fréquente de fourmillements nocturnes répétés. Le nerf médian est comprimé dans un étroit tunnel au niveau du poignet, le canal carpien. Les signes typiques :
- fourmillements et engourdissement du pouce, de l’index, du majeur et d’une partie de l’annulaire, le petit doigt étant épargné ;
- des symptômes surtout nocturnes ou au réveil, qui peuvent réveiller ;
- un soulagement en secouant la main ou en la laissant pendre ;
- des fourmillements aussi en journée en tenant un téléphone, un volant, un livre ou un outil ;
- à un stade plus avancé, une maladresse, des objets qui échappent, une faiblesse du pouce.
Il touche plus souvent les femmes, et est favorisé par certains gestes répétés du poignet, la grossesse, certains troubles hormonaux comme l’hypothyroïdie, le diabète ou l’arthrose du poignet.
La compression du nerf ulnaire au coude
Lorsque les fourmillements concernent surtout l’annulaire et l’auriculaire, le nerf ulnaire est souvent en cause. Il est comprimé au coude, en particulier quand on dort le bras très plié, ou qu’on s’appuie souvent sur le coude au bureau ou en voiture.
Une origine cervicale
Une compression d’une racine nerveuse dans le cou, liée par exemple à de l’arthrose cervicale ou à une hernie discale, peut provoquer des fourmillements dans un bras et une main, souvent d’un seul côté, associés à des douleurs dans la nuque, l’épaule ou le bras. Une mauvaise position de la tête pendant le sommeil peut les accentuer.
Les causes générales
Plus rarement, des fourmillements touchant les deux mains, voire aussi les pieds, peuvent traduire une atteinte plus diffuse des nerfs, appelée neuropathie, liée par exemple à un diabète, une carence en vitamine B12, une consommation importante d’alcool ou certains médicaments. Ils sont alors plutôt permanents et ne se limitent pas à la nuit.
| Doigts concernés | Nerf probable | Cause fréquente | Signe associé |
|---|---|---|---|
| Pouce, index, majeur, moitié de l’annulaire | Nerf médian | Syndrome du canal carpien | Réveils nocturnes, soulagement en secouant la main |
| Annulaire et auriculaire | Nerf ulnaire | Compression au coude, bras plié la nuit | Gêne au coude, parfois faiblesse des doigts |
| Dos de la main, pouce | Nerf radial | Bras comprimé contre un rebord ou sous la tête | Survient après une position prolongée |
| Toute la main d’un côté, avec douleur du cou | Racine cervicale | Arthrose, hernie discale | Douleur nuque, épaule, bras |
| Les deux mains, parfois les pieds | Plusieurs nerfs | Diabète, carence, alcool | Symptômes plutôt permanents |
| Toute la main, transitoire après une position | Variable | Compression positionnelle | Disparaît en quelques minutes |
Quand il faut appeler les secours
Un engourdissement brutal d’une main, d’un bras ou d’une jambe, surtout d’un seul côté du corps, associé à une faiblesse, une déformation du visage, des difficultés à parler ou à comprendre, ou un trouble de la vision, peut être le signe d’un accident vasculaire cérébral. Il s’agit d’une urgence absolue : appelez immédiatement le 15 ou le 112, même si les symptômes régressent.
Les solutions pour soulager les fourmillements
Adapter sa position de sommeil
- Évitez de dormir avec les poignets repliés ou les mains sous l’oreiller.
- Gardez les coudes plutôt tendus ou légèrement fléchis.
- Si vous dormez sur le côté, placez un coussin devant vous pour y poser le bras, poignet droit.
- Choisissez un oreiller qui maintient le cou dans l’axe du dos, ni trop haut ni trop plat.
Porter une attelle de poignet la nuit
Pour un syndrome du canal carpien, une attelle de repos qui maintient le poignet en position neutre la nuit est l’un des traitements de première intention. Elle soulage souvent nettement les réveils nocturnes. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Ménager ses poignets et ses coudes en journée
- Faites des pauses régulières lors des gestes répétitifs : clavier, souris, outils, couture, jardinage.
- Gardez les poignets dans l’axe de l’avant-bras sur le clavier.
- Évitez de vous appuyer sur les coudes pendant de longues périodes.
- Tenez votre téléphone en changeant de main, ou utilisez des écouteurs.
L’astuce qui soulage vite : au réveil, plutôt que de frotter vigoureusement la main, laissez pendre le bras le long du lit, puis ouvrez et fermez doucement la main plusieurs fois. Le nerf se décomprime et les sensations reviennent plus rapidement.
Les traitements médicaux
Si les symptômes persistent malgré ces mesures, le médecin peut proposer, selon la cause :
- une rééducation avec un kinésithérapeute ;
- une infiltration de corticoïdes dans le canal carpien, pour réduire l’inflammation ;
- en cas de compression importante ou de perte de force, une intervention chirurgicale qui libère le nerf, généralement réalisée en ambulatoire ;
- le traitement de la cause générale (diabète, carence, trouble thyroïdien) si elle est identifiée.
Un examen appelé électroneuromyogramme, qui mesure la conduction des nerfs, permet de confirmer le diagnostic et d’évaluer la gravité de la compression.
Situations particulières
Pendant la grossesse
Les fourmillements nocturnes dans les mains sont fréquents en fin de grossesse. La rétention d’eau fait gonfler les tissus, y compris dans le canal carpien, et comprime le nerf médian. Les symptômes disparaissent généralement dans les semaines qui suivent l’accouchement. Une attelle de poignet la nuit soulage souvent ; parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin, notamment avant de prendre tout médicament.
Chez les sportifs
Les cyclistes qui appuient longtemps sur le guidon, poignets cassés, peuvent ressentir des fourmillements dans l’annulaire et l’auriculaire, par compression du nerf ulnaire au niveau de la paume. Des gants rembourrés, une position plus relevée et des changements réguliers de prise sur le guidon les limitent. Les sports de raquette et la musculation, avec des prises très serrées, peuvent aussi irriter les nerfs du poignet.
Dans les métiers manuels
Les gestes répétitifs, les outils vibrants, le serrage prolongé ou le travail poignets fléchis favorisent le syndrome du canal carpien. En cas de symptômes liés au travail, parlez-en au médecin du travail, qui peut proposer des aménagements de poste. Dans certaines situations, ce syndrome peut être reconnu comme maladie professionnelle.
Quand consulter son médecin
Prenez rendez-vous si :
- les fourmillements reviennent presque chaque nuit ou durent plusieurs semaines ;
- ils persistent en journée ou ne disparaissent plus en bougeant la main ;
- vous ressentez une faiblesse, une maladresse, ou laissez échapper des objets ;
- vous remarquez une fonte du muscle à la base du pouce ;
- les symptômes touchent les deux mains et les pieds ;
- vous êtes enceinte, diabétique ou avez une maladie de la thyroïde.
Les troubles qui perturbent le sommeil ont souvent plusieurs facettes. Si vous vous réveillez aussi la nuit sans raison apparente, notre article sur le réveil vers 3 heures du matin peut vous aider ; et si ce sont plutôt les jambes qui vous gênent, voyez les crampes aux mollets la nuit et nos astuces pour soulager les jambes lourdes.
Ce qu’il faut retenir
Des fourmillements dans les mains la nuit viennent le plus souvent d’une compression passagère d’un nerf liée à la position de sommeil. Lorsqu’ils reviennent régulièrement, l’endroit touché oriente le diagnostic : pouce, index et majeur pour le canal carpien, annulaire et auriculaire pour le nerf ulnaire au coude, toute la main avec douleur du cou pour une origine cervicale. Une meilleure position, une attelle de poignet la nuit et des pauses dans les gestes répétitifs soulagent souvent. Consultez si les symptômes persistent, s’accompagnent de faiblesse ou touchent les deux mains et les pieds, et appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas d’engourdissement brutal d’un côté du corps.
On répond à vos questions
Est-ce grave d'avoir les mains qui fourmillent la nuit ?
Le plus souvent, non : il s'agit d'une compression passagère d'un nerf liée à la position de sommeil. En revanche, des fourmillements qui reviennent presque chaque nuit, qui s'accompagnent d'une perte de force, d'une maladresse ou qui persistent dans la journée méritent une consultation pour en rechercher la cause, comme un syndrome du canal carpien.
Comment savoir si j'ai un syndrome du canal carpien ?
Les signes typiques sont des fourmillements ou un engourdissement du pouce, de l'index, du majeur et d'une partie de l'annulaire, souvent la nuit ou au réveil, soulagés en secouant la main. Ils peuvent aussi apparaître en tenant un téléphone, un volant ou un livre. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic, parfois à l'aide d'un examen des nerfs appelé électroneuromyogramme.
Pourquoi les fourmillements disparaissent-ils quand je secoue la main ?
Secouer la main et bouger le poignet relâchent la pression sur le nerf et relancent la circulation dans la zone comprimée. Ce soulagement par le mouvement est d'ailleurs très caractéristique du syndrome du canal carpien, où le nerf médian est comprimé au niveau du poignet.
Une attelle de poignet aide-t-elle vraiment ?
Oui, une attelle qui maintient le poignet en position neutre pendant la nuit est l'un des traitements de première intention du syndrome du canal carpien. Elle empêche le poignet de rester plié pendant le sommeil, position qui augmente la pression sur le nerf. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien pour choisir un modèle adapté.
Les fourmillements dans les mains peuvent-ils venir du cou ?
Oui. Une compression d'une racine nerveuse au niveau des vertèbres cervicales, par exemple liée à de l'arthrose ou à une hernie discale, peut provoquer des fourmillements dans un bras et une main, souvent associés à des douleurs dans la nuque ou l'épaule. Ce diagnostic relève d'un examen médical.


